Bonsoir, après quelques jours d' absence votre auteur favori est de retour.

Bah oui boulot oblige un peu moin de temps pour écrire.
Bonne soirée et bonne lecture.
L' aéro-copter Khamsa décolla dans un vrombissement rauque.
La jungle s' anima de multiples mouvements. Ses nombreux habitants s' égaillaient fuyant dans toutes les directions, dérangés un fois de plus par le bruit des puissants moteurs. Les deux turbines de l' appareil dégageant d 'importants courants d' air, qui faisaient chanter la végétation, ajoutaient leurs sifflements à la cacophonie ambiante.
Les portes étant resté ouvertes un vent tourbillonnant s' engouffrait dans la cabine, cinglant le visage des passagers. Bienvenu, il atténuait la chaleur étouffante de cette nuit tropicale. Les passagers furent soulagés le temps que le Khamsa atteigne son altitude de croisière quelques pieds au dessus des plus hautes cimes, pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres.
Tandis que l 'aéro-copter augmentait sa vitesse, mettant cap sur Al-Hadiye tous feux éteints, les ailes prirent leur position horizontale.
Le Khamsa faisait parti de la flotte aérienne haqqislamite des appareils au concept vieillissant mais encore diaboliquement efficaces.
Les aéro-copters sont un compromis entre l' avion très rapide et
l' hélicoptère plus maniable. Leur originalité vient de deux points spécifiques. Les deux réacteurs fixés à l' arrière de la queue peuvent pivoter sur un axe afin de permettre les vols stationnaires, les descentes et montées verticales. Les ailes courtes et larges se replient vers le haut à loisir pour faciliter les atterrissages et décollages dans les lieux aux accès étroits comme les denses forêts de Paradisio. Il existe plusieurs modèles destinés à de nombreuses et différentes utilisations. Sur Paradisio l' armée d' Haqqislam y avait affecté les deux plus emblématiques. Le Khamsa transport de troupes peut accueillir jusqu'à douze hommes en plus de son pilote et co-pilote. À chaque porte latérale est fixé sur pivot une mitrailleuse lourde pour assurer sa sécurité en opération. Il y avait sur tous les modèles un treuil permettant toutes sortes d' hélitreuillage. Le Khamsa a aussi d' autres fonctions que le transport. Certains sont modifiés pour servir
d' ambulance afin de rapatrier rapidement jusqu' à trois blessés graves impossibles à soigner sur les lieux d' affrontements, ne laissant place alors que pour un médecin et son infirmier, tout l' espace étant occupé par le matériel médical et les supports des civières. D' autres accueillent à leur bord une petit station de contrôle radar ainsi qu' infra-rouge couplée avec de puissants relais radio pouvant établir une liaison avec les vaisseaux en orbite basse, ceux la se déplacent toujours escortés par deux Wahed. Le Wahed quand à lui est le modèle de chasse plus fin, plus racé, plus rapide aussi. Sa queue vient directement après la cabine de pilotage où pilote et artilleur sont l'un derrière l' autre. Ses ailes également mobiles sont équipées de diverses fixations afin de pouvoir choisir l' armement embarqué en fonction des missions qui lui sont assignées. Le Wahed et le Khamse pour de rares militaires férus
d' histoire ancienne rappellent le chasseur britannique Harrier du défunt vingtième siècle.
Nassir vérifiait les données du caisson afin de s' assurer que sa précieuse cargaison voyage dans les meilleures conditions. Nerveux, il cherchait toutes les occupations possibles capables de le distraire. Le Fiday le rendait mal à l' aise. Celui-ci n' ayant pas daigné ôter son casque, il avait pour seule expression deux fentes sombres animés parfois de brèves lumières visibles sur les lentilles protectrices, grâce à la pénombre de la cabine, probablement quelques données de son HUD miniaturisé. Il lui jeta un bref coup d' oeil. L' Hassassin réajustait un pansement imbibé de sang sur sa main. La plus élémentaire des courtoisie aurait voulu que Nassir lui propose de regarder cette blessure qui ne semblait pas vouloir s' arrêter de saigner. Il n' arrivait pas à
s' y résoudre, c' était plus fort que lui. Il consulta une fois de plus son horlo-dateur à son poignet et soupira. Encore une bonne heure de vol pour arriver en Quibilah territoire haqqislamite, le vol à ce moment là se terminerai de façon plus détendue. D' ici là tout pouvait arriver.
La voix le fit sursauter.
- Qu' est-ce que vous transportez ?
Nassir s' en voulu immédiatement de sa réaction, le Fiday
n' avait pas encore prononcer le moindre mot depuis leur départ. Il avait été pris totalement au dépourvu.
- Pardon ?
- Qu'est-ce que vous transportez ?
Avait repris la voix plus fermement.
- C'est top secret !
- Pas la peine de crier. C'est comme vous voulez.
- Je ne cris pas. C'est juste que ça ne vous regarde pas.
Son interlocuteur ne l' écoutait déjà plus. Il avait reporter son attention sur le paysage extérieur, sa main continuant de goutter sur le plancher de l' aéro-copter. Nassir honteux n' arrivait pas à détacher son regard des gouttes carmines qui s' écrasaient sur le sol pour venir former une petite flaque épaisse. La blessure devait être profonde. mais le blessé
n' y accordait aucune importance. Ali, qui avait été médecin dans un hôpital de Medina avant de devenir son assistant, d' ordinaire sociable et enjoué n' avait pas l' air plus enclin que lui à porter assistance à
l' Hassassin. Le Fiday en intimidait donc d' autres que lui. Rasséréné par ce constat, Nassir retrouva un peu de courage.
- Veuillez m' excuser pour ma réponse des plus discourtoise.
Le casque noir percé de ses fentes reporta son attention sur le scientifique.
- J 'accepte. Vous avez quoi dans cette malle ?
Une malle ? Il ne voit pas que c' est un caisson d' étanchéité ? Vraiment ces militaires aussi doués soient-ils, ils ne connaissent pas grand chose d' autre que ce pour quoi ils sont formés.
- eci n'est pas une malle comme vous dites, mais un caisson
d' étanchéité modèle Pershing acheté à la Panocéanie. Très performant il créé un vide autour de... Que... Vous êtes un malin. Je ne suis pas autorisé à vous révéler ce que nous transportons.
Nassir se ravisa vite. Cet homme était bien plus intelligent que ce qu 'il venait de croire. Dans son arrogance il n' avait pas soupçonné une seule seconde que le Fiday ai pu sciemment se tromper. Et piqué au vif il avait voulu le remettre à sa place avec cette vanité propre aux scientifiques, qui bien souvent oubliaient qu'ils n' étaient pas les seuls à bénéficier d'une intelligence supérieure. Nassir ne commettrait plus l 'erreur de sous-estimer ce soldat de dieu.
- Je ne vous parlerai pas de ce que nous transportons, ni aucun de mes compagnons ici présents. En revanche montrez moi votre main. Elle ne semble pas se porter au mieux.
L' Hassassin ne répondit pas, s' exécuta et lui donna sa main à examiner.
Sur un signe il se fitt remettre le medikit par Ali, Nassir était persuadé même si il ne pouvait pas le voir que le blessé souriait.
Avec précaution il enleva le pansement compressif qui n'avait de toute façon plus la moindre utilité. Imbibé de sang il le plaça dans un sac à déchets qu'il avait préalablement préparé avant de commencer les soins. Immédiatement Nassir identifia la blessure pour en avoir lui aussi fait les frais. Un palmier lames à coup sûr.
- Vous auriez du faire plus attention aux feuilles des palmiers lames.
- Les palmiers lames ?
-Vous ignorez de quoi je parle ? Pourtant la première chose que l 'on retient ici c' est bien de faire attention à ces grandes feuilles tranchantes comme des rasoirs.
- Je n' avais pas encore effectuer d' opérations en extérieurs sur Paradisio. Je viens d' arriver. Cette ballade en forêt était ma première mission. La jungle est particulièrement hostile.
- Ça, je ne vous le fait pas dire. Vous avez du remarquer ces grands arbres massifs ressemblant aux palmiers traditionnels. Ils sont dotés de larges feuilles. Vous vous êtes entaillé la main sur l'une d' entre elles sans aucun doute. Sans la protection de votre gant vous auriez été grièvement blessé. En plus ces feuilles sécrétent une toxine qui empêche la coagulation. Mais là où elle est encore plus pernitieuse
c' est qu'elle accentue au bout de quelques minutes l' épanchement sanguin, vous rendant du même coup hémophile. Après la première coupure, la moindre écorchure se transforme en torrent écarlate. Jusqu'à présent personne n' a encore survécu assez longtemps pour savoir combien durent les effets de cette toxine. Néanmoins nous avons réussi à mettre au point un antidote très efficace qui stoppe l' effet du poison. Nous l' avons commercialisé bien entendu. Nos rivaux n'ont pas manqué d'en acheter en masse. Commerce devenu au demeurant très lucratif sur une planète comme Paradisio. Voyez vous nous avons même du faire évoluer un de nos laboratoire afin que nous puissions produire le remède sur place. Avec l' offensive de l' IE l' accès à Paradisio est compliqué. Nous sommes obligés de redoubler d' astuces et de prudence afin que nos vaisseaux puissent se mettre en orbite sans danger et surtout sans risquer un piratage de nos systèmes informatiques. Attaques bien plus mortelles que les abordages classiques même si ceux-ci sont très meurtriers quand la Sphère doit affronter l' armée extra-terrestre. D'ailleurs savez-vous que notre opération a été rendu possible en partie grâce à l' IE ? Cette entité dont nous ne connaissons pas encore la nature exacte à part peut-être le fait qu'elle s' approche de celle d' Aleph, maintient une pression constante dans ce secteur. C' est pourquoi tous les satellites, y compris les nôtres, doivent observer un protocole de rotation très complexe. Ce qui a pour effet d'en réduire considérablement leur efficacité surtout au niveau de leur fréquence de passage et donc d' observation en temps réel de
l' activité sur la surface de Paradisio. Parfois un satellite ne repasse pas avant plusieurs heures au dessus d' un même point. Nous sommes obligés ainsi que les Panocéaniens et les Yu Jing, de programmer quotidiennement les ordinateurs de contrôle pour assurer leur sécurité et prévenir toute intrusion de la part de l' IE. Les Nomades quand à eux ne disposent pas d' appareils de surveillance en orbite à notre connaissance.
Aleph prend en charge certaines tâches et en délègue aux IE mineures propres à chaque installation des bases humaines. Elle porte surtout son attention sur nos allées et venues spatiales intra et extra systèmes, et elle a fort à faire. De plus...
- Si vous n' avez pas l' intention de me soigner finalement mais de nous faire un cours sur le conflit avec l' IE, j' aime autant récupérer ma main.
- Oh ! Pardon.
Dans son élan à vouloir s' expliquer Nassir en avait oublier le Fiday ainsi que sa blessure. Sa main comme celle de son patient ruisselait de sang. Il avait conserver la paume blessée dans la sienne pendant qu'il discutait. La vue de la plaie l' avait rendu à ses yeux plus humain, il
s' était donc détendu. Il repris les soins consciencieusement.
- Excusez-moi. Je suis un scientifique. Tout m' intéresse, notamment cette planète. Elle donne l 'impression de vouloir se défendre contre toute invasion. Sa végétation regorged' originalités. Nous en connaissons que très peu pour le moment mais c'est passionnant. Cependant le conflit avec l' IE ralentit beaucoup nos prospections. Elle aussi est très intéressante, mais dangereusement mortelle comme cette planète d' ailleurs.
Je vais vous remettre un pansement compressif pendant que je prépare l' injection. Elle nécessite une courte préparation.
Nassir fixa fermement l' épaisse compresse, qui ne resterait pas longtemps immaculée. Il prit le medekit sur ses genoux pour y prendre le petit coffret renfermant le matériel nécessaire pour préparer le vaccin. On mélangeait deux substances qui devaient rester séparer avant toute utilisation. Le produit fini n' avait que quelques secondes de durée de vie. Il y avait d' une part l' anti-toxine qui mettait fin à
l' hémophilie passagère et d' autre part un épais liquide renfermant des nano-agents qui une fois administrés dynamisaient la reconstruction des globules évitant ainsi une transfusion de sang fastidieuse sur les théâtres d' opération militaires. Actuellement une équipe de chercheurs et de médecins travaillaient sur une nouvelle génération d' antidote afin de stabiliser les deux principaux composants. Le but étant de mettre fin à la procédure de mélange et pouvoir le conditionner en dose individuelle. Chaque soldat pourrait ainsi compléter de cette seringue son équipement de survie personnel.
Nassir eu un moment d' hésitation. Un compartiment du medikit était vide. Il regarda dessous, là ou se trouve les numéros de série de cet équipement. Pas de doute il en tenait bien un nouveau.
Le compartiment devrait donc contenir la petite boite avec à l' intérieur la seringue hypodermique ainsi que les deux fioles constituant
l' antidote. Une sueur froide perla sur le haut de sa nuque. Il ne pouvait pas soigner l' Hassassin. La peur pris le pas sur la colère. Dans une autre situation il n' aurait pas manqué d' éclater devant cette erreur de conditionnement. Ali en aurait fait les frais très certainement. Mais là un vent de panique le saisissait. Comment allait réagir le Fiday devant son incapacité à le soigner après cette diatribe sur ce fameux vaccin mis au point par la fière nation islamique ?
Nassir le plus discrètement possible avala sa salive, arrivant péniblement à la faire passer dans sa gorge nouée.
- Un problème ?
La voix ferme et glaciale le fit sursauter une nouvelle fois. Après s' être passablement détendu, l' angoisse, ressenti à l' arrivée du Fiday parmis eux, raffermissait son étreinte de plus belle.
- C' est que le medikit semble incomplet.
La tête lui tourna quand il apperçu le pansement se pigmenter de nouveau de rouge.
- Incomplet, c' est à dire ?
- Celui-ci ne contient pas l' antidote.
- Et donc ?
Devant l' impassibilité du Fiday, l' angoisse de Nassir se transformait en peur panique. Assis près de la porte coulissante restée ouverte, rien ne le séparait du dehors. Et il n' avait même pas attaché sa ceinture. Oh Allah ! Fait que tes humbles serviteurs ne s' entretuent pas. Si
l' Hassassin le désirait rien ne l' empêcherait de le faire basculer dans le vide. Essayant de retrouver une once de sang-froid, Nassir cherchait une alternative, qu'il trouva presque immédiatement. Mais cette solution ne risquait pas non plus de plaire au tueur assis en face de lui. Et ce casque, pourquoi il n' enlève pas son casque ? Peut-être que voir son visage l' aiderait à avoir moins peur.
- Je n'ai pas d' antidote à vous administrer.
- Je le sais vous venez de me le dire. Alors, on fait quoi ?
- Je ne vais pas pouvoir stopper l' effet de la toxine.
- Aucune importance. Ce nouveau pansement fera l' affaire.
- C' est très important au contraire je vous l' assure. Vous ne
m' avez pas écouté ?
- Si. C' était très instructif. Et j' ai parfaitement compris. mais pour le moment vous ne pouvez pas me soigner. Je dois donc faire avec. Ce n'est pas une simple entaille qui va m' inquiéter. J' attendrai que nous soyons arrivés à Al-Hadiye pour recevoir cet antidote.
- Mais le saignement va s' aggraver. Pour preuve la flaque à vos pieds. Ne soyez pas idiot !
La tension monta d' un cran. Ali remarqua la main déjà sur la garde de la dague. Il avait à peine remarquer le mouvement. À croire qu'elle
s' était toujours trouvée là et pas sur le genou du Fiday. Dans son emportement Nassir ne remarqua pas qu'il venait d' offenser
l' Hassassin.
- Nassir ! Ne dépasse pas les bornes ! Excusez nous Seigneur. Nous sommes sous pression. Nous n' avons jamais rencontré quelqu'un comme vous. Pour mes collègues, Nassir, et moimême vous n' étiez qu'une rumeur, une légende même. Personne ici ne voudra l' admettre mais vous nous faîtes peur.
- Seigneur ? On m' a donné bien des noms mais jamais celui-là.
J' accepte vos excuses. Mais une insulte n' a jamais soigné personne.
Nassir se rendant compte de son erreur resta pétrifié incapable de parler. Il était pourtant un homme fier et sûr de lui. Scientifique de grand renom sur Bourak, il avait été invité à rejoindre la section des recherches militaire sur Paradisio pour en prendre la direction. Pour ce faire l' armée d' Haqqislam l' avait élevé au rang de lieutenant-colonel. Ce qui faisait de lui un officier de plein droit respecté et craint pour son extrême exigence. Son équipe était à l' origine de bien des découvertes, notamment cet antidote, qui lui faisait actuellement cruellement défaut.
Le goutte à goutte écarlate recommença. Dans très peu de temps il ne manquerait pas de s' intensifier. Même si cet homme avait des capacités de résistance bien supérieures aux leurs, elles avaient leur limite. Nassir puisa au fond de lui le peu de courage qui lui restait.
- Veuillez m' excuser. Ce n' était pas dans mon intention de vous offenser. Il est vrai je ne peux pas stopper l' hémorragie par des soins basiques. En revanche nous pouvons mettre fin à l' épanchement. Ça
n' arrêtera pas l' évolution néfaste de la toxine mais vous ne saignerez plus. Toute nouvelle blessure par contre pourrait se révéler fatale.
- e vous écoute.
- Il faut cautériser la plaie.
- C 'est tout ? L 'un d' entre vous a-t-il un briquet sur lui ?
- Ça ne suffira pas. Cette toxine est trop puissante. Il faut le faire avec un laser de découpe qui dégagera une vive chaleur assez rapidement pour prendre de vitesse le poison végétal. Ce sera extrêmement douloureux.
- Procédez.
- Vous êtes sûr ?
Le casque noir dénué d' expression s' inclina légèrement. Signe
d' impatience ? Nassir ne chercha pas à le savoir. Il donna le medikit à présent inutile à Ali en prenant au passage une seringue de T-morph.
Le Fiday en aurait besoin pour supporter l' intervention. Samir un autre de ses assistants fouragea dans les malles de matériel fixées sous son siège afin de trouver le laser. Il le remit à son supérieur.
- Je vais vous administrer de la T-Morph. Ça vous aidera à supporter la douleur.
- C' est hors de question. J' ai fait voeux de refuser toute drogue, mon esprit doit rester clair, toujours ! Allah m' en ai témoin.
- Je vous assure c' est absolument nécessaire, vous n' allez pas pouvoir le supporter. La douleur va être inhumaine.
- À moi d'en juger.
- Comme vous voulez.